Marc Bloch est né le 6 juillet 1886 à Lyon, dans une famille juive alsacienne qui, après la défaite de 1871 et l’annexion de l’Alsace à l’Allemagne, avait choisi de s’installer en France. Son père, Gustave Bloch (1848-1923), alors professeur d’histoire romaine à l’Université de Lyon, fut nommé en 1904 à la Sorbonne.
Marc Bloch suivit les traces de son père, obtenant en 1908 l’agrégation d’histoire-géographie ; il passa ensuite un an en Allemagne (Berlin et Leipzig) pour s’initier à la méthode scientifique allemande. Après avoir été pensionnaire de la fondation Thiers de 1909 à 1912, il fut professeur au Lycée de Montpellier en 1912-1913, puis au lycée d’Amiens en 1913-1914.
Les années 1914-1918 furent pour lui, comme pour beaucoup d’autres Français, celles de la guerre. Engagé comme sergent en 1914, Bloch finit la guerre comme capitaine, titulaire de quatre citations, de la croix de guerre et de la Légion d’Honneur à titre militaire.
Après 1918 vint le retour de l’Alsace et de la Moselle à la France. En 1919, Marc Bloch fut nommé, avant même d’avoir fini sa thèse, chargé de cours à l’Université de Strasbourg ; il obtint le titre de professeur en 1921 et la chaire d’histoire du Moyen Âge en 1927. En 1936, il devint professeur d’histoire économique à la Sorbonne. Même s’il avait commencé ses recherches avant la Grande Guerre, il est tout de même saisissant de constater que sa carrière scientifique d’une exceptionnelle richesse s’est pour l’essentiel concentrée dans une vingtaine d’années seulement, de 1919 à 1939.
En 1939, Marc Bloch, âgé de 53 ans, atteint d’une polyarthrite rhumatoïde et père de six enfants, n’était pas mobilisable, mais il sollicita sa réintégration dans l’armée. Il vécut donc la « drôle de guerre ». Il échappa à la captivité en juin 1940 et subit ensuite la rigueur des lois antisémites de Vichy qui auraient dû lui faire perdre son poste à l’université, mais il fut finalement exempté de cette mesure pour « services exceptionnels ». « Mis à la disposition » de l’Université de Strasbourg, alors repliée à Clermont-Ferrand, puis de Montpellier, il s’engagea dans la Résistance à partir de 1943. Arrêté par la Gestapo le 8 mars 1944, torturé, il fut fusillé le 16 juin 1944.
Généalogie
N° 1 – Marc Léopold Benjamin Bloch, né le 6 juillet 1886 à Lyon (69), décédé le 16 juin 1944 à Saint-Didier-de-Formans (01)
N° 2 – Gustave Bloch, né le 21 juillet 1848 à Fegersheim (67), décédé le 2 décembre 1923 à Bourron-Marlotte (77), professeur d’histoire antique à l’université de Lyon.
Marié le 26 mars 1878 à Lyon 2e (69)
N° 3 – Sarah Ebstein, née le 25 mai 1858 à Lyon 2e (69), décédée le 27 avril 1941 à Fougeres (19).
Les grands-parents de Marc Bloch
N° 4 – Marc Marx Bloch, né le 20 décembre 1816 à Wintzenheim (68), décédé le 9 novembre 1880, Strasbourg (67), instituteur, Directeur de l’école israélite de Strasbourg.
Marié le 2 août 1847
N° 5 – Rose Rosalie Aron, née le 6 octobre 1824 à Soultz-sous-Forêts (67), décédée le 18 juillet 1895 à Paris 14e (75)
N° 6 – Constant Ebstein, né le 30 décembre 1818 à Froeningen (68), décédé le 3 février 1863 à Lyon (69), négociant en nouveautés.
N° 7 – Clémence Grombach, née le 2 février 1825 à Besançon (25), décédée le 13 octobre 1902 à Paris 14e (75)
Les arrières grands-parents de Marc Bloch
N° 8 – Gabriel Götschel Bloch, né le 12 juin 1769 à Wintzenheim (68), décédé le 6 mai 1821 à Wintzenheim (68), commerçant, colporteur en 1813.
Marié le 13 février 1797 à Wintzenheim (68)
N° 9 – Judith Judel Jeannette Bloch, née le 24 mai 1776 à Wintzenheim (68), décédée le 20 janvier 1827 à Wintzenheim (68)


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